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Pour le passage des épreuves, les candidats étaient classés par ordre alphabétique. L’académie dénombrait environs neuf cents élèves-1ère clases répartis en trois niveaux hiérarchiques: la division 1 (les soi-disant bleues), la division 2 (les soi-disant moyens) et enfin la division 3 (les soi-disant vétérans). Elles étaient respectivement composées de 376, 293 et 231individus. L’académie était mixte, laïque et gratuite. Sur le plan des performances, les principes de l’école voulaient que l’on s’intéresse plus à l'aptitude intellectuelle des candidats, qu’à leur condition physique, néanmoins ce dernier paramètre n’était pas complètement ignoré. De ce fait, si l’on fait du 40 centimètres de tour de biceps et si on ne connait pas le théorème de Pythagore, mieux vaut ne pas s’inscrire de peur de se faire traité d’incapable. Dans le cas contraire, on est maigrichons et on connait sur le bout des doigts les lois de la physique quantique. Cet exemple individus ne pourront pas supporter l’exigence que demande le maniement d’un avion de chasse, mais ils auront facilement une chance d’accès dans les services scientifiques du Pentagone, d’où la possibilité d’obtenir une carrière trépidante dans un laboratoire.
Les divisions 3 passaient en cette période de fin d’année, les épreuves de sélection. A leur entrée dans l’académie, les élèves étaient d’une part avertis que le redoublement n’existait pas et d’autre part il leur était dis clairement qu’il n’y avait pas de rattrapage en cas d’échec aux épreuves. Seuls les vingt meilleurs de la promotion passaient au grade de caporal dans la USAF. Il s’agissait là d’une sélection élitiste ne permettant pas au moins bons de pouvoir piloter un jour le fameux F-15 ou encore le prodigieux B-2.
La porte s’ouvrit soudainement et un des candidats sortit, il grimaçait et il avait l’air déçu de sa prestation à la simulation. Au fur et à mesure que les élèves passaient l’épreuve, un intendant rayait leur nom sur les listes accrochées au mur.
Une voix se fit entendre dans les haut-parleurs: « La première classe Dower est attendu immédiatement dans la salle de simulation alpha... »
Michael se redressa en poussant avec ses bras sur les accoudoirs de son fauteuil, à ce moment Jake lui retint l’avant-bras et lui dit:
_ N’oublis pas que tu doit les bluffer Michael!
_T’inquiète pas pour ça », répondit-il puis il avança vers la salle qui n’était en fait qu’à quelques pas.
Quand il entra dans la pièce, il jeta un dernier regard en direction de son ami Jake, avant de fermer la porte.
La pièce où se trouvait Michael était étrange car seulement une sensation désagréable ressortait. Il n’y avait pas de fenêtres au mur pourtant l’éclairage était abondant, cette lumière venait des projecteurs accrochés au plafond. L’appareil de simulation était en plein milieu du carré. Il y avait une ressemblance avec les machines de jeu d’arcade que l’on peut trouver dans les salons de jeux. Mais celui là était en forme de bulle.
Deux blouses blanches étaient là, ils tenaient chacun un bloc note et un crayon. Prenant notes sur tout et sur rien, ils restaient muets et ne semblaient porter aucune attention à l’élève.
Pour se faire remarquer, ce dernier toussa, voyant qu’à la première tentative il n’y avait pas de résultat, il retoussa. Un des scientifiques, celui qui paressait le plus vieux à cause des ses cheveux grisés, l’entendit et s’avança vers lui.
_ Première classe Dower, vous sentez vous aptes au test? demanda l’homme sans même le regarder, il écrivait.
_ Oui, répondit-il, à part qu’il me viendra une soudaine envie de filer au toilette si je ne commence pas la simulation dans l’immédiat.
Il y eut un silence, les deux scientifiques n’affichaient pas d’émotion, leurs visages étaient sculptés dans la pierre.
_ Maintenant veuillez retirer votre veste et déboutonner votre chemise pour commencer, fit le scientifique d’un ton sec.
Michael ôtait le vêtement pendant que le scientifique faisait signe à son collègue de lui rapporter le plateau en fer posé sur la table près du mur.
_ Tenais Professeur Le Brun, dit le jeune scientifique en présentant le plateau devant son homologue.
Ce soit disant professeur colla deux électrodes sur la poitrine du jeune soldat. Il y avait trois capteurs dans le casque de pilote.
Les informations étaient ensuite transcrites par des machines en électro-cardiogramme et en électro-encéphalogramme. Ainsi les scientifiques pouvaient affecter des limites à chaque candidat.
Michael se dépêcha de s’asseoir à son siège devant les boutons et les joysticks que proposait le tableau de bord du fameux cockpit, une capsule toute neuve expédié il y a peu par le ministère de l’armée au total à neuf académies d’aérospatiale et d’aéronautique des Etats-Unis.
Avant lui, était déjà passé une quinzaine de soldat, qui comme lui avaient ressenti une terrible angoisse à la vue de l’écran dans la capsule. Car c’était dans cette direction qu’aller commencer une dure épreuve. Grande importance si elle est en fait infructueuse, car avec seulement un seul essaie bêta l’issue devient péremptoire.
_ Première classe Dower, ne touchez pas aux instruments de commande avant que je vous le permette, dits le vieux scientifique dans sa moustache et toujours en notant ses commentaires. Michael signala son accord en faisant signe vertical de la tête tandis que l’autre ingénieur, le professeur Braumstein était en train d’entrer les paramètres en vue de la simulation. L’exercice était à sujet individuel dans le but d’éviter toutes tricheries de la part des candidats. Ce dernier, vu qu’il était jeune, il devait avoir le statut d’apprenti, aussi il se faisait beaucoup plus discret que son collègue car il parlait le plus fréquemment à voix basse. Physiquement, il avait des cheveux roux épais, portait des lunettes carrés et son visage reflété l’enfance naïve peut-être à cause de ses taches de rousseur.
_ Qu’est ce qu’il avait le gars avant moi? demanda curieusement Michael à ce dernier
_ Il a eut le droit à un vol au dessus de la chaine des Alpes Suisse...
Les scientifiques semblaient être imperturbables.
_ Bien! De toute façon c’est ce que je voulais savoir.
_ Cessez de parler ou bien nous annulons l’épreuve! brailla le plus antipathique des deux qui tenait son bloc note.
Michael se retint de parler davantage et observa minutieusement tout ce qu’il y avait dans ce pseudo laboratoire.
Il s’aperçut soudain que sous la table où étaient posées des électrodes supposées stériles, il y avait un paquet de chips ouvert et trois cannettes de soda. Les deux scientifiques considérés comme des personnes très professionnelles, ne voyaient aucun inconvénient à se délecter comme des porcs. Leurs blouses devenaient grasses à mesure qu’ils essuyaient leurs mains gourmandes dessus.
Les électrodes devaient êtres sales et c’est une certitude. Comme toutes matières organiques sur Terre, les chips pourrissent, et cette dégradation donne naissance à une odeur nauséabonde. Et cette odeur est caractéristique d’un gaz, ce dernier est volatile et les molécules qui le composent se déposent sans trop de mal sur toutes les parois ainsi que sur les objets par exemple les instruments des scientifiques, par là on revient à nos électrodes. Sont-elles vraiment stériles?
Il était assit sur une chaise, tête baissée, rédigeant son rapport quand tout à coup il perçut une ombre qui noyait ce qu’il écrivait. D’un clignement des paupières, il se s’aperçut qu’il n’avait plus la feuille devant les yeux, ni sur les jambes. Il lui suffit alors de lever la tête pour conclure que son rapport à demi rédigé était dans les mains de Jake Jansen.
_ Ah! Ah! C’est ça ton travail mec! s’exclama Jake très fort. Tu veux voir le miens, tiens regarde.
Il mit sa main dans la poche arrière de son jeans et sortit un bout de papier froissé qu’il tendit en direction de son ami.
Michael saisit la feuille, il l’ouvrit et la survola de haut en bas avec ses yeux. Il ramassa un stylo par terre et pendant que Jake était retourné à draguer une fille première classe, il gribouilla son rapport.
_ Voilà Jake, c’est pas mal du tout! fit Michael, tout fier en rendant le papier qu’il venait de replier.
_ Merci..., murmura Jake.
Il resta silencieux et rangea à nouveau la feuille dans sa poche. Il regarda Michael, ce dernier essayé désespérément de contenir son rire.
_ Qu’est ce qu’il y a ? Pourquoi tu rigoles ?
Michael ne répondit pas.
Jake eut alors un doute, il replongea sa main dans sa poche, sorti le papier, le déplia et l’admira; d’un coup, ses yeux devinrent globuleux et quelques gouttes de sueur coulèrent le long de son front jusqu’à inonder son regard. Il était stupéfié. Prit d’un élan de rage, il s’exclama:
_ Eh! c’est quoi ça?
_ J’ai fais quelques retouche pour que ça reflète bien plus ta personnalité, raconta Michael en se moquant.
_ Et bien regarde ton papier, parce que c’est la dernière fois que tu le verra entier, annonça t-il en montrant la feuille qu’il tenait avec sa main droite.
Michael se leva et se jeta sur Jake pour éviter qu’il déchire son travail. Jake se débattit et parvint comme il put à mettre en morceau le rapport de son meilleur ami.
_ T’es vraiment un sal bâtard; lança Michael, en plus d’être aller raconter notre sortie nocturne au major Arthur, tu viens foutre la merde a...
_ Mais va te faire foutre mec, l’interrompit-il.
_ Quoi! Comment tu m'parles macaque ! s’écria Michael, tellement fort que tous le couloir capta la dispute.
Un des militaires qui surveillait les candidats, s’interposa entre les deux jeunes hommes et leur ordonna de se mettre côte à côte. Une fois les deux hommes calmés, il les malmena avec un ton tonitruant:
_ Où vous croyez vous soldats?
Ils restèrent silencieux, le regard figé.
Le militaire s’arrêta devant la matricule sur la veste de Jake.
_ Quels sont les mots d’ordres de cette académie 1ère classe Jansen? beugla t-il.
_ Ordre chef. balbutia Jake.
_ Plus fort! Personne n’entend! lui hurla le militaire à l’oreille.
_ Ordre, chef!
_ Dower! Quel sont ces putains de mots? demanda le militaire en projetant des postillons à la figure de Michael.
_ Rigueur, chef!
_ C’est tout, soldat?
_ Négatif chef! répondit-il, discipline chef!
_ Vous pensez être discipliné soldats! hurla le militaire en s’époumonant.
_ Négatif chef! firent les deux jeunes hommes ensemble.
Le vieux militaire d’origine afro-américaine se pencha pour ramasser les papiers sur le sol.
_ Ce sont des rapports, je les donnerai à vos supérieurs. Rompez maintenant! » ordonna-t-il.
Le militaire s’en fut sans se retourner, il ouvrit une porte au bout du couloir et y entra, il la referma avec rigueur; il avait disparut et avec lui, les rapports.
_ On n’est pas dans la situation adéquate Jake, indiqua Michael en regardant son ami.
Jake approuva d’un mouvement de la tête et reprit:
_ C’est pas bon pour nous ça, mais on ne peut malheureusement rien faire, il fallait pas déconner, excuse moi!
_C’est aussi ma faute alors t’as pas besoin de t’excuser.
USAF ACADEMY, Colorado Springs, Colorado
Vendredi 19 mai 2002 11H10 AM
Dans cette immense salle, la centaine de lits uniformes étaient organisés en deux rangées strictement parallèles, l’agencement était sans défaut. Sur le sol, aucuns sous – vêtements ne traînaient car c’était interdit par le service d’ordre intérieur. Le règlement imposé par la direction aux élèves était pour certains strict et pour d’autres injuste, ou alors les deux choses réunies. Car dans ce monde d’uniformité, les notions de discipline et d’obéissance aux règles semblaient inéluctables. Toutes les recrues de l’académie s’étaient rendues à l’exercice de simulation, comptant comme épreuves pour la sélection finale. A la fin, seulement les plus brillants sont enrôlés dans l’armée de l’air des Etats – Unis, les autres, ceux qui sont recalés, auront la possibilité de se recycler dans les autres branches de l’armé.
Le stress était palpable des dortoirs jusqu’aux cantines, tout le monde accourrait de salle en salle à la quête de son avenir. Dans le couloir A4, les élèves, rangés les uns derrière les autres, attendaient leur seul tour pour essayer la simulation bêta du cockpit virtuel. Ce n’était qu’un entraînement, disposé à les initier à la simulation notée qui suivait.
Les épreuves étaient supposées se dérouler sur deux semaines, ils étaient déjà au dernier jour. La veille, il y eut les tests d’orientation dans l’espace, les seules épreuves qu’il fallait à tout pris réussir car elles étaient éliminatoires pour la suite du parcours. Bien évidemment et c’est tout à fait logique, il eut des disqualifiés. Ces derniers avaient par conséquent l’obligation de quitter le plus promptement possible leur école.
_ Je ne parviens pas à écrire plus de deux mots avec cette merde, grogna Michael en secouant ce qu’il tenait dans la main droite.
_ C’est sûrement à cause de l’encre Dower ! fit le major Arthur venant vers lui après l’avoir entendu pinailler.
_ Evidemment que non, ce n’est pas un défaut d’encre, mais c’est la faute du stylo, il me fatigue.
_ Puis je savoir ce que vous essayez de rédiger ? demanda le supérieur.
_ J’écris le rapport qui m’est exigé par le colonel Smith, répondit le jeune soldat très concentré sur son travail alors qu’il réussissait enfin à former des phrases linéaires sur son papier. C’est injuste, marmonna-t-il bouche basse de façon à ce que l’autre n’entende pas.
_ C’est une sanction ? demanda le major intriqué, le sourire aux lèvres.
_ Non ! C’est un plaisir suprême, c’est comme de déguster la meilleure cuisine, ironisa Michael.
_ Bien. dit-il, puis il s’adressa au jeune homme plus sérieusement. Je vous conseille qu’en même de vous calmer car vous passerez dans quelques minutes la simulation alpha, fit le major. Je vous prierais aussi d’éviter vos sauts d’humeur habituel ainsi que ce langage inapproprié devant les examinateurs qu’en vous passerez l’entretien (la dernière épreuve), cet après-midi.
_ Désolé ce n’est pas ma journée, dit Michael, déjà ce matin j’arrive avec vingt minutes de retard, je n’arrivais pas à me réveiller.
_ En retard ? il prit soudain un visage d’incompréhension. Mais où étiez vous alors hier soir ?
_ Mais...Ici bien sur ! Pourquoi cette question monsieur ?
_ Ne vous moquez pas de moi soldat, car je sais que vous avez quitté l’académie au soir. Vous n’étiez pas seul, mais avec certains vos camarades du dortoir 3C. Je peux citer Filiponov, Freeman, Jansen et Moretti.
Le major avait visiblement mit le doigt sur quelque chose car Michael restait silencieux. Après une petite réflexion, il dit :
_ Avec tout le respect que je vous dois, excusez moi de vous dire que vous n’êtes pas crédible !
Le major s’enflamma :
_ Pas crédible! il éclata de rire. Cela signifie également que votre ami Jansen n’est pas crédible.
_ Que fait- il dans l’histoire celui - là?
_ Et bien, il m’a tout dit, en fait je lui ai sous-tiré l’information sans qu’il s’en aperçoive car vous le savais comme moi, ce Jansen a une langue bien pendue et il est maladroit qu’en à son expression. Mais ne vous inquiétez surtout pas soldat, personne ne le saura, en tout cas pas de ma bouche. Je vous conseille de vous faire plus discret les prochaines fois.
Puis il tendit son avant bras gauche et retroussa sa manche en laissant voir le cadrant d’une montre digitale qui indiquait 11 H 16. Après un court instant de silence il déclara :
_ Maintenant je vais devoir vous laisser, j’ai mes propres affaires en suspend. »
Le major continua à marcher jusqu’à disparaître dans les ténèbres du couloir. Tandis que Michael, stylo en main, finissait son devoir.
Les trois lois sont donc modifiées ainsi: et elle dépendent de la loi 0 car toute loi qui suit ne peut être en contradiction avec la ou les lois antérieure(s).
Les lois 1, 2, 3 rendent les robots inofensifs pour l'être humain. Tout au contraire la loi 0 leur permet de sacrifier le créateur pour garantir la sauvegarde de l'humanité.